LE SERVEUR EN AUTO-ENTREPRISE

LE SERVEUR EN AUTO-ENTREPRISE

En raison du manque de main-d’œuvre et des avantages offerts par le statut (flexibilité d’embauche, pas de charges patronales, etc.), les serveurs auto-entrepreneurs sont particulièrement recherchés par les établissements de restauration.

Être serveur auto-entrepreneur : l’essentiel à connaître

  • Centre de formalités des entreprises (CFE) : l’URSSAF.
  • Plafond de chiffre d’affaires : 72 500 €.
  • Taux de cotisations sociales : 22 %.
  • Catégorie d’imposition : BNC (Bénéfices non commerciaux).
  • Rémunération : à partir de 10 €/heure.

Les missions :

Le serveur auto-entrepreneur peut  travailler au sein d’un bar, d’un restaurant, d’un hôtel ou même pour le compte d’un organisateur d’événements.

 Au quotidien, ses missions s’articulent principalement autour de 4 fonctions :

  • La mise en place : son premier rôle consiste à nettoyer et débarrasser les tables, avant d’y installer de nouveaux couverts pour les clients suivants.
  • L’accueil des clients : le serveur indépendant peut également accueillir les clients à leur arrivée et les installer à une table. Il va alors leur présenter la carte et l’éventuel menu du jour, tout en veillant à leur satisfaction durant toute la durée du repas.
  • Le service : après avoir noté les commandes des clients, il assure le service des plats et des boissons. Son rôle est également d’apporter des précisions à la clientèle et de lui conseiller des plats.
  • L’encaissement : le serveur auto-entrepreneur doit bien noter les commandes afin de pouvoir les reporter dans la caisse enregistreuse. À la fin du repas, il va éditer l’addition et encaisser les clients.

Les compétences

Devenir serveur auto-entrepreneur, cela ne s’improvise pas , ce métier exige des compétences et des qualités spécifiques.

Un bon relationnel : Le serveur en auto-entreprise joue le rôle d’intermédiaire entre les clients et la cuisine.

Il se doit donc d’être courtois et serviable d’un côté, tout en étant précis et rigoureux de l’autre.

Une qualité d’autant plus importante qu’il doit savoir travailler en équipe et se coordonner, notamment avec l’éventuel chef de rang et les autres serveurs.

Son relationnel pourra également lui permettre d’étoffer sa rémunération, notamment grâce aux pourboires.

  • De la rigueur : il ne peut pas se permettre de se tromper dans ses commandes, au risque de contrarier les clients et la cuisine. Si une bonne mémoire est souvent utile, il doit surtout se montrer minutieux dans ses prises de commandes et savoir être réactif pour répondre aux besoins de la clientèle
  • Une bonne condition physique : Constamment debout et travaillant en horaires décalés (le midi et le soir généralement), le serveur indépendant doit être en forme physiquement pour enchaîner les services à répétition.
  • La maîtrise de l’anglais : Bien que cela ne soit pas indispensable, c’est généralement un atout indéniable lorsqu’il exerce dans des grandes villes ou dans des lieux touristiques. La pratique de l’anglais, ou d’une autre langue, lui permettra plus facilement de répondre aux attentes des touristes étrangers.

Les démarches

Bien qu’il soit relativement facile d’être recruté, notamment en raison d’un manque de main-d’œuvre dans la restauration, il est toujours mieux d’avoir suivi une formation de serveur.

Les cursus dispensés notamment dans les lycées professionnels et hôteliers permettent d’apprendre les bases du métier et d’apporter une valeur ajoutée à votre employeur.

Parmi les principaux diplômes, il y’a :

  • le CAP Agent polyvalent de restauration ;
  • le CAP Commercialisation et services en hôtel-café-restaurant ;
  • le BEP Métiers de la restauration et de l’hôtellerie ;
  • le Brevet Professionnel Employé de restaurant ;
  • le Bac Pro Commercialisation et services en restauration ;
  • le BTS Management en hôtellerie-restauration.

La réglementation

Pour ne pas se retrouver dans l’illégalité, le serveur en auto-entreprise doit principalement s’assurer qu’il n’est pas un salarié déguisé. En tant que travailleur indépendant, il doit en effet être libre dans le choix de ses missions et ne pas signer de contrat.

Il faut  :

  • essayer, dans la mesure du possible, de travailler pour plusieurs établissements ;
  • éviter de travailler pour un ancien employeur auprès duquel vous étiez salarié ;
  • préférer apporter votre propre matériel ;
  • ne pas se laisser  dicter les jours de congés.

Les obligations

S’il décide d’exercer son métier en auto-entrepreneur, le serveur a l’obligation de respecter les règles du régime de la micro-entreprise.

La déclaration de début dactivité : avant d’être embauché au sein d’un établissement ou pour un événement, il doit absolument créer son auto-entreprise en ligne.

Cette déclaration peut notamment être faite sur le site Auto-Entrepreneur de l’URSSAF, Guichet Entreprises ou Espace Auto-Entrepreneur.

  • La déclaration du chiffre daffaires : Chaque mois ou chaque trimestre (selon votre choix déclaratif), déclarer le  chiffre d’affaires sur l’URSSAF, y compris si vous n’avez pas eu de revenus. Notez que vous devrez déclarer le pourboire « obligatoire » (prévu comme un complément de la rémunération), mais pas le pourboire « à la poche », laisse à la liberté des clients.
  • Le paiement des charges sociales : Le serveur en auto-entreprise doit s’acquitter de cotisations sociales, dont le montant correspond à 22 % de son chiffre d’affaires.
  • Les autres obligations : Le serveur auto-entrepreneur doit tenir un livre des recettes où il note tous les paiements reçus de la part de ses clients. Si son chiffre d’affaires est supérieur à 10 000 € pendant 2 années de suite, il doit également ouvrir un compte bancaire dédié à son auto-entreprise.

Le pourcentage d’autoentrepreneur (globalité)

– + 15% de micro-entrepreneurs depuis 2017

Fin 2018, l’Acoss recensait 1,36 million de micro-entrepreneurs en France , soit 42% des non-salariés, contre 26% en 2011. 

Entre 300 000 et 400 000 personnes lancent leur micro-entreprise chaque année. Et le rythme s’accélère : entre 2017 et 2018, le nombre de micro-entrepreneurs inscrits a augmenté de 15%, contre 8,3% par an en moyenne depuis 2011. 

  • 20% ont moins de 30 ans

La micro-entreprise concerne toutes les tranches d’âge : des jeunes qui entrent dans le monde du travail aux seniors qui restent ainsi actifs ou complètent leur retraite. 19,4% des micro-entrepreneurs ont moins de 30 ans, 12,2% plus de 60 ans.

Actualité 2020 pour les auto-entrepreneurs

  • Les nouveautés de l’ACRE : Alors qu’elle était ouverte à tous depuis le 1 er janvier 2019, l’ACRE va être à nouveau soumise à des conditions à compter du 1 er janvier 2020 : parmi ces conditions : être demandeur d’emploi, bénéficier de minima sociaux, avoir moins de 25 ans, etc.
  • Les nouveaux bénéficiaires de l’ACRE profiteront de cette aide pendant seulement 1 an (contre 3 ans auparavant).
  • Le taux de l’exonération sera de 50 % (contre 75 % jusqu’en 2019). Pour ceux qui bénéficiaient de l’ACRE avant 2020, les taux d’exonération seront revus à la baisse : ils seront de 25 % la 2ème année (contre 50 % actuellement) et de 10 % pendant la 3ème année (contre 25 % actuellement).
  • Le prévement libératoire : l’autoentrepreneur pourra opter pour ce versement à condition que son revenu ne dépasse pas 27 519 € par part du quotient familial (27 086 € en 2019). Soit 55 038 € pour un couple sans enfant.
  • Revalorisation des seuils de chiffre d’affaires : il est d’usage de revaloriser ces seuils tous les 3 ans. Le projet de loi de finances 2020 prévoit de réhausser ces seuils sur 2020, 2021 et 2022  à :
  • – de 170 000 € à 176 200 € pour les activités d’achat-revente et de fourniture de logement (micro-BIC) ;
  • – de 70 000 € à 72 500 € pour les autres prestations de services commerciales, les prestations de loueurs en meublé (micro-BIC) et les prestations de services libérales (micro-BNC)
  • La revalorisation des seuils de chiffre d’affaires s’accompagne naturellement d’une revalorisation des seuils permettant de bénéficier de la franchise de TVA : 
  • – Seuils classiques de la franchise en base de TVA : 85 800 € pour négoce (achat-revente) et fourniture de logement (82 800 € en 2019) et 34 400 € pour prestations de services et loueurs en meublé (33 200 € en 2019).
  • – Seuils majorés de la franchise en base de TVA : 94 300 € pour négoce et fourniture de logement (91 000 € en 2019) et 36 500 € pour prestations de services et loueurs en meublé (35 200 € en 2019).
  • Le régime simplifié d’imposition réel de TVA pourrait s’appliquer aux microentreprises dont les recettes ne dépassent pas 818 000 € pour les activités de négoce et fourniture de logement (789 000 € en 2019) et 247 000 € pour les prestations de services et locations en meublé (238 000 € en 2019).
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